Terminale NSIHistoire

Histoire de l'Informatique

Les grandes étapes, de l'Antiquité à l'IA moderne.

Histoire de l'informatique

L'informatique ne commence pas avec l'ordinateur de bureau. C'est la science du traitement automatique de l'information : représenter des données, écrire une procédure, la faire exécuter par une machine. Le boulier calcule déjà. Ce qui change, au fil des siècles, c'est ce que la machine sait enchaîner toute seule.

Avant l'électricité

L'abaque, le boulier, sert depuis l'Antiquité à poser des nombres et à calculer en déplaçant des jetons. La procédure est dans les doigts de la personne, pas dans l'appareil.

En 1642, Blaise Pascal fait construire la Pascaline, une machine mécanique qui additionne et soustrait en entraînant des roues. On tourne des cadrans, les retenues se propagent. C'est encore un calculateur, pas un ordinateur : elle ne change pas de programme.

En 1801, le métier à tisser de Joseph Marie Jacquard lit des cartes perforées. Un trou ou une absence de trou décide quels fils se lèvent. Le motif n'est plus dans la mémoire du tisserand, il est sur le support. Changer de cartes, c'est changer de motif sans reconstruire la machine. C'est l'ancêtre matériel du programme.

En 1834, Charles Babbage conçoit la machine analytique : une mémoire, un moulin qui calcule, et des cartes pour la séquence d'opérations. La machine ne sera pas construite de son vivant. Ada Lovelace rédige, sur un problème de calcul des nombres de Bernoulli, une suite d'opérations destinée à cette machine. On la considère pour cela comme la première personne à avoir écrit un programme.

Une machine qui enchaîne les instructions

En 1936, Alan Turing décrit une machine abstraite : un ruban, une tête de lecture, une table de transitions. Il ne construit pas un ordinateur. Il fixe ce que « calculer mécaniquement » veut dire, et il montre qu'il existe des questions auxquelles aucune procédure ne répond. Pendant la guerre, il travaille aussi au déchiffrement d'Enigma, à Bletchley Park. Les deux récits se croisent souvent. Ils ne sont pas le même travail : l'un est une preuve, l'autre est une machine de cryptanalyse.

En 1945, le rapport sur l'EDVAC décrit l'architecture qu'on appelle depuis von Neumann : une unité de calcul, une mémoire qui contient à la fois les données et le programme, et des bus pour les faire circuler. Les machines précédentes cablaient souvent le programme. Ici, changer de programme, c'est changer le contenu de la mémoire.

En 1947, aux laboratoires Bell, le transistor remplace progressivement les tubes à vide. Un tube chauffe, casse, et prend de la place. Le transistor commute un courant avec beaucoup moins d'énergie. La miniaturisation des circuits commence là.

En 1969, ARPANET relie quatre ordinateurs universitaires américains. Ce n'est pas encore le Web. C'est un réseau qui achemine des paquets entre machines, l'ancêtre d'Internet.

La puce, le Web, les données

En 1971, l'Intel 4004 met une unité centrale entière sur une puce. Le microprocesseur rend l'ordinateur fabricable en série. Les années 1980 voient les machines personnelles, Apple II, IBM PC, sortir des salles machines.

En 1991, au CERN, Tim Berners-Lee met en service le Web : le protocole HTTP, le langage HTML, des documents reliés par des liens. Internet, le réseau, existait déjà. Le Web est l'application qui le rend utilisable sans savoir sur quelle machine le fichier est rangé.

Les années 2000 généralisent le téléphone connecté, les réseaux sociaux, et des volumes de données qu'on ne consulte plus à la main. Les années 2010 et 2020 mettent l'apprentissage profond, le deep learning, dans des outils grand public. À chaque fois, le geste de Jacquard est encore là : une procédure inscrite sur un support, exécutée par une machine, sur des données qui ne sont pas la procédure.

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